En salles!
Un alcoolique en rémission, un espion malgré lui et un cow-boy déglingué: le cinéma français nous offre de drôles de héros cette semaine.
Le dernier pour la route
Un film de Philippe Godeau
Un ancien producteur adapte le roman autobiographique du directeur de l’agence de presse Capa, Hervé Chabalier, où ce dernier relate sans complaisance ni faux-semblants sa cure de 5 semaines dans un centre de désintoxication alcoolique. Si Le dernier pour la route n’échappe pas au côté film à thèse, s’il n’a pas la puissance des grands portraits d’âmes perdues qu’étaient Barfly ou Leaving Las Vegas, préférant l’évocation sobre et retenue d’une cure comme il y en a des milliers et s’il illustre ses points parfois un peu scolairement, il reste porté par un acteur d’une justesse et d’une intensité rentrée parfaitement exemplaires: François Cluzet, évidemment nominé pour ce rôle aux prochains Césars (résultats à suivre le 27 février prochain).
L’affaire Farewell
Un film de Christian Carion
Christian Carion (Une hirondelle a fait le printemps, Joyeux Noël) réunit Guillaume Canet et Emir Kusturica en pleine guerre froide pour évoquer une affaire d’espionnage rocambolesque, née à Moscou et qui secoua le monde entier, de Reagan à Mitterand, dans les années 80. Visiblement admiratif d’un certain cinéma politique à l’américaine, Carion n’en a pourtant ni le sens de l’efficacité, ni celui du rythme. Malgré les efforts de ses acteurs, visiblement habités, le scénario manquant de densité, les dialogues de piquant et l’ambiance de mystère empêchent en effet l’adhésion complète à son film plutôt fade.
Lucky Luke
Un film de James Huth
Entre Billy the Kid, Jesse James ou Calamity James, le valeureux Lucky Luke, hanté par son passé familial, ne sait plus où donner du colt. Si Jean Dujardin enfile le costume du célèbre cow-boy avec aisance, cette adaptation rutilante, mais vide, de la bande dessinée laissera les fans désespérés, les autres ennuyés. Rythme mollasson, ton hésitant, personnages secondaires bâclés: de là à le qualifier de film le plus nul de l’Ouest, il n’y avait qu’un pas que beaucoup n’ont pas hésité à franchir. Parfois, il vaut mieux laisser les légendes tranquilles.
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Photos: Wild Bunch Distribution, Séville Pictures, TVA Films.




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