Sorties DVD
Deux documentaires primés, deux concurrents à la course aux Oscars: la semaine DVD brille de tous ses feux.
Les plages d’Agnès
Elle a 80 balais, l’âme d’une petite fille malicieuse et l’énergie d’une gamine que tout amuse. Pour fêter son anniversaire, l’un des spécimens de cinéastes les plus rares et précieux du cinéma français. Agnès Varda, revisite dans un documentaire charmant et inventif les plages qui ont marqué sa vie. C’est alors elle qui nous sert de guide, tendre et éclairante, dans un dédale de souvenirs formant peu à peu son auto-portrait. Une véritable leçon de simplicité et de fantaisie en forme d’autobiographie farfelue et émouvante, généreuse et ludique, récompensée par un césar du meilleur documentaire, dont on sort comme d’une balade sur la plage. L’esprit plein, les idées aérées et le cœur léger.
Capitalism: A Love Story
Un film de Michael Moore
Comme tous les films de Michael Moore, Capitalism: A Love Story n’échappe pas aux travers de son célèbre réalisateur: sensationnalisme, racolage, populisme, démagogie, les grosses ficelles sont toutes tirées une à une. Pourtant, ses qualités sont là aussi dans cette aventure filmée du capitalisme pour les nuls (ou comment l’Amérique a pu se prendre la crise financière si directement au milieu du front): l’humour, qui tape souvent juste, le gros bon sens utilisé comme arme de compréhension massive, le rythme. Avec en plus, un élément inédit: l’espoir que le cinéaste à la casquette déploie dans la seconde partie de son film en se tournant vers ceux grâce à qui l’Amérique pourrait bien se remettre à croire en des lendemains qui chantent. Un détail, peut-être, mais qui lui fait gagner en ampleur et en sincérité et qui ne peut qu’enthousiasmer.
Up in the Air
Un film de Jason Reitman
Grand déçu de la dernière soirée des oscars, Up in the Air nous arrive donc un peu penaud. Mais comment blâmer l’Académie? Si George Clooney, plus Cary Grant que jamais, se sauve en offrant son charisme distancié à ce spécialiste des licenciements, envoyé à travers les États-Unis colporter les mauvaises nouvelles, la fable signée Jason Reitman (Juno) ne brille en effet pas par son progressisme. Mise en avant des bonnes valeurs du mariage pour sauver le monde, seconde partie au romantisme gnangnan, le soufflé de la comédie retombe et nous laisse sur notre faim.
Precious: Based on the Novel Push by Sapphire
Un film de Lee Daniels
Chouchou de tous les festivals où il a posé ses bobines (Toronto, Sundance et San Sebastian lui ont remis des prix d’importance), soutenu par la papesse de tout, Oprah Winfrey, qui le produit, glamourisé par la présence de Lenny Kravitz, Mariah Carey et Mo’Nique dans sa distribution, tout auréolé de ses deux oscars (pour Mo’Nique et son scénario), Precious a tout du film-Cendrillon. Adapté d’un des romans les plus bouleversants et les plus riches des années 90: Push de la poétesse urbaine Sapphire, révélant une jeune actrice, Gabourey Sidibe, qui se démarque en interprétant Precious, une jeune fille de 16 ans obèse, illettrée, violée par son père et maltraitée par sa mère, Precious n’empêche pourtant pas de faire crier à la trahison tant il accumule effets spectaculaires et grossiers et odieuse exploitation misérabiliste de ce magnifique récit. On retourne lire le livre.




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