Cinéma québécois: l'événement DVD
Prendre le cinéma au sérieux. Avec passion, entrain et joie. Parce qu'il n'y a pas de façon plus simple et plus efficace pour qu'il ne devienne pas un produit, un objet de commerce comme les autres. Pour qu'il reste, encore et toujours, de l'art (oh, le gros mot). Ça semble évident. Facile, même. Et pourtant, rares sont ceux qui y parviennent. Rares sont les amoureux comme les artisans de la grande et passionnante série documentaire Cinéma québécois: Yvonne Defour, Bernard La Frenière, Pascal L'Heureux, Jean-Pierre Maher, Jean Roy et l'ancien et éminent critique de cinéma Georges Privet.
Une série divisée en treize épisodes d'une quarantaine de minutes chaque, abordant en détail et avec profondeur un thème, une tendance, un enjeu de notre cinéma (de ses origines aux relations cinéma-télévision, en passant par l'identité, le désir ou la famille), donnant la parole avec intelligence et clairvoyance à ceux qui ont sont, ou en ont été, les maîtres d'oeuvre. Treize épisodes richissimes où l'on ne compte plus les séquences émouvantes et surprenantes (voir Michel Brault et Claude Gauthier retourner dans la prison des Ordres), les rencontres (André Turpin-Jean-Claude Labrecque), les formules-chocs ("les comédies, c'est comme des putes, ça soulage la misère humaine", signée évidemment Pierre Falardeau). Treize épisodes où les plus grands films de notre cinéma défilent, où les générations de créateurs (Jutra, Arcand, Morin, Bélanger, Poirier, Lafleur...) se mélangent et s'interpellent pour aborder sans complaisance ce qui fâche et ce qui fait battre le coeur.
Bref, treize épisodes essentiels pour mieux comprendre notre cinéma, mais aussi notre pays. Pour leur rendre hommage, sans le glorifier. Pour les critiquer, dans le sens le plus noble du terme. Pour servir la mémoire.
Et vous savez le meilleur? Treize épisodes dynamiques et jamais donneurs de leçons qui sont désormais disponibles en DVD et que l'on peut considérer, sans se tromper une seconde, comme de véritables immanquables à une DVDthèque digne de ce nom. Un objet d'intérêt public à mettre absolument entre toutes les mains.



Commentaires