Sorties DVD
Cette semaine, sur nos lecteurs on croise des lapins pressés, des chapeliers fous, des mignonnes courageuses, des ado boutonneux et un velu loup-garou.
Alice in Wonderland
Un film de Tim Burton
Alice a aujourd’hui 19 ans. Elle est sur le point de se fiancer, contre son gré, avec un riche cousin. Elle est sur le point d’oublier qu’il y a de nombreuses années, sa vie prit un tour merveilleux lorsqu’elle suivit un lapin blanc au fond de son terrier. Oublier ? Est-ce vraiment possible ? Inspiré par les deux récits que fit Lewis Carroll des aventures féeriques de la jeune blonde (Alice au pays des merveilles et De l’autre côté du miroir), Tim Burton, sa panoplie d’effets 3D sous le bras, s’est lancé à son tour à bras perdus dans la découverte de cet univers magique où se croisent méchante reine toute en tête, chapelier pas si fou que ça, jumeaux obèses et chat ricanant. Bien loin des dimensions plus noires, plus subversives qu’y avait ajouté Carroll, ou même de l’inventivité morbide et fascinante de ses œuvres précédentes (Edward Scissorhands, Corpse Bride…) le cinéaste, ici produit par Disney, choisit la voie du spectaculaire un peu poussif. Malgré des comédiens délirants et cabotins (Helena Bonham Carter et Johnny Depp en tête), malgré un travail formel certain et enchanteur, le rythme un peu plan-plan de l’ensemble et le manque général de réelle créativité empêchent cette Alice de véritablement nous entraîner dans son pays des merveilles.
Les beaux gosses
Un film de Riad Sattouf
L’année dernière, lors de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, il avait fait sensation. Et avec raison. Petit bijou de comédie simple et frais, ce premier film du bédéiste Riad Sattouf (qui pratique la transition d’un art à l’autre avec une facilité déconcertante) réinvente le teen-movie, boutons d’acné et malaise généralisé compris. Avec une tendresse évidente et une sympathie énorme pour ses personnages, il y observe en effet le quotidien dans l’Ouest de la France de deux ados moches et boutonneux, mal dans leurs peaux et grandes gueules à la fois, et littéralement obsédés par l’idée d’enfin coucher avec une fille. Avec un sens des répliques d’une efficacité absolue ("elle a les yeux bleus comme du Canard WC" ), des personnages secondaires bien fichus (mention spéciale à Noémie Lvovsky en mère sans-gêne et sans reproche), une innocence bêbête hilarante et une légèreté contagieuse et pertinente, le film révèle aussi deux jeunes acteurs (Vincent Lacoste et Anthony Sonigo) qu’on a déjà envie de revoir très vite.
The Wolfman
Un film de Joe Johnston
Honey, I Shrunk the Kids, Jumanji, Hidalgo : en matière de divertissement vaguement magique livrant le minimum syndical, Joe Johnston a fait ses classes. Cette fois, la montagne à escalader semble pourtant avoir eu le dessus sur ses capacités. En se pliant à l’exercice du remake (The Wolfman, 1941), sa politique du moindre effort montre en effet toutes ses limites. Si artistiquement, la chose est décorée avec goût (encore une fois, le minimum), sa plongée dans l’épouvante est au mieux tiède, au pire réfrigérante. Illustrant mécaniquement chaque passage obligé du genre, sans distance, ni humour, accumulant les effets de trouille répétitifs et lourdauds. Son loup-garou a les crocs bien élimés. Dommage, l’idée de voir Anthony Hopkins et Benicio del Toro se plonger dans ces aventures velues avait vraiment de quoi séduire.



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