Sorties DVD
Désirées, cachées, troublées: les femmes sont dévoilées sous toutes leurs coutures dans notre semaine DVD.
Youth in Revolt
Un film de Miguel Arteta
Encore un film d’ado niais et boutonneux? Oui. Et non. Car la comédie de Miguel Arteta, adaptée d’une série de livres de C.D. Payne, lorgne autant du côté de l’humour grassouillet de Superbad que du décalage sophistiqué des Royal Tenebaums. Suivant les aventures d’un ado obnubilé par l’idée de perdre sa virginité (rien de neuf sous le soleil, donc) et de son alter ego français « très Nouvelle Vague », Youth in Revolt permet aussi à Michael Cera (Juno, Nick and Norah’s Infinite Playlist) d’enfin diversifier son jeu, d’enfin prendre de l’ampleur. Les quelques longueurs n’y font rien: la comédie juste assez décalée se fout des conventions et nous entraîne dans son cha-cha existentiel doux-amer avec bonheur.
Je porte le voile
Un film de Natasha Ivisic et Yanick Létourneau
Porter le voile. Il suffit de dire ces trois mots pour déclencher les débats les plus virulents, pour réveiller les opinions les plus tranchées. Natasha Ivisic, co-réalisatrice de ce documentaire introspectif et intelligent, en a elle-même fait l’expérience. Vivant à Longueuil, convertie à la religion musulmane après son mariage avec un Algérien, elle a adopté le voile. Mais pas sans hésitation, sans doute, sans questionnement. Nous faisant rencontrer plusieurs autres femmes musulmanes, chacune ayant un avis sur la question (le port du voile est loin de faire consensus), elle fait aussi avancer la réflexion collective. Un film dont on ressort encore plus persuadé d’une chose : peu importe la religion, la liberté pour les femmes n’existera pas sans possibilité de choisir.
Les signes vitaux
Un film de Sophie Deraspe
Dans son tout premier Rechercher Victor Pellerin, faux documentaire nous entraînant au cœur du monde de l’art, le ton était à la fantaisie ludique, à l’intelligence sautillante, aux retournements malicieux. Cette fois, changement radical de cap: c’est dans un centre de soins palliatifs que se pose la caméra franche mais délicate de Sophie Deraspe. Suivant le quotidien d’une jeune bénévole troublée, d’une humanité absolue, Les Signes vitaux est un film dont la sincérité et la sensibilité à fleur de peau bouleversent avec une force rare. Cru sans chercher d’effets, direct sans exploiter la misère humaine, beau sans vouloir l’être, il révèle aussi une actrice formidablement émouvante: l’artiste Marie-Hélène Bellavance.



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