Sorties DVD
Des monuments de kitsch, un petit film jamais devenu grand et un documentaire singulier, la semaine DVD a au moins le mérite d'amuser
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Des monuments de kitsch, un petit film jamais devenu grand et un documentaire singulier, la semaine DVD a au moins le mérite d'amuser
On la savait malade depuis quelques années. Cette saloperie d'Alzheimer. Annie Girardot est morte aujourd'hui à l'âge de 79 ans.
Gouailleuse, intense, magnifique, elle avait illuminé le Rocco et ses frères de Visconti en 1960 et quelques Lelouch avant de se faire quelque peu oublier par le cinéma français. En 1996, elle se rappelait à son bon souvenir et remportait le César du meilleur second rôle pour Les misérables de Lelouch. Cet extrait de son discours, bouleversant, reste l'un des moments les plus émouvants de l'histoire des récompenses françaises.
Enfin. Après près de trois heures de show, qui ont pu en paraître quinze à certains, la 83e cérémonie des Oscars s'achève non sans avoir levé le voile sur ce que l'on attendait tous, le meilleur film de l'année.
Avec surprise, c'est The King's Speech qui restera dans les livres d'histoire après que Steven Spielberg, himself, lui ait fait les honneurs.
Avec surprise, et déception, il faut bien le dire, tant la place semblait revenir de droit à The Social Network, oeuvre ambitieuse, gracieuse, élégante d'une intelligence et d'une précision redoutables.
Mais peut-être ne faut-il pas s'étonner de voir une soirée conventionnelle, vaguement poussiéreuse qui, après un début sur les chapeaux de roues n'a jamais réussi à se sortir d'un train-train sans réelle saveur, couronner un film à son exacte image. Un film dopé aux conventions, ne reposant que sur les interprétations de ses formidables interprètes, sans réellement se soucier du reste.
Dommage, 2011 ne restera donc pas dans les mémoires comme un grand cru.
Sur ce, une nuit bien méritée nous attend. À l'année prochaine
Et encore un. Encore un emporté sans surprise, sans déjouer aucune prédiction. Colin Firth, tel que prévu, donc, l'emporte facilement et devient, enfin, après l'avoir raté de peu pour A Single Man, lauréat de l'Oscar du meilleur acteur 2011.
Évidemment, le Dude aurait pu réussir le doublé 2010-2011 qu'on en aurait pas été moins heureux, Eisenberg aurait aussi peu l'emporter tant sa présence dans The Social Network est étonnante et originale, mais Colin Firth (et sa magnifique voix) assume avec un tel charisme, une telle élégance et une telle présence le destin de ce roi bègue qu'on ne peut que s'incliner à notre tour.
La ronde des quatre est donc ouverte et se poursuit avec l'Oscar de la meilleure actrice remis par le toujours si séduisant Jeff Bridges.
Et oh, quelle surprise, comme absolument tout le monde l'avait prédit, c'est Natalie Portman, la très charmante, qui l'enlève haut la main pour son rôle de danseuse à double face dans Black Swan. Plus que mérité, parfaitement normal, vue l'intensité avec laquelle elle habite et fait tournoyer cette Nina. Une évidence.
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Après d'autres numéros musicaux soporifiques (que Gwyneth y ait participé n'y a rien changé, bien au contraire), peut-être serait-il temps d'admettre une bonne fois pour toutes que ces derniers n'ont pas leur place aux Oscars? En tout cas, certainement pas sous cette forme poussiéreuse.
Et pas la peine non plus de faire venir Céline et ses mimiques, ça n'aide pas plus, surtout quand vient le temps de rendre hommage aux grands disparus de l'année.
Trève de mécontentements, le temps est venu! Et le meilleur réalisateur de 2011 est... Tom Hooper! Les devins, qui prévoyaient le contraire (réalisateur, Fincher et film, King's Speech) peuvent donc se rendormir. Mais reste pourtant un hic. Comment un film à la réalisation si conventionnelle, tenant essentiellement sur la performance de ses acteurs peut valoir une statuette à son réalisateur? Là est peut-être la seule vraie surprise de la soirée...
Après un hommage à Bob Hope présenté par Billy Crystal, irremplaçable Billy, animateur hors pair, dont on se demande d'ailleurs pourquoi il a été remplacé, et après un Oscar des meilleurs effets spéciaux fort logiquement remis à Inception, la soirée continue son trop tranquille et vaguement ennuyeux bonhomme de chemin.
Le partage en règle entre les trois favoris continue avec l'Oscar du meilleur montage remis à The Social Network. Tellement écrit dans le ciel qu'on ne voit pas bien ce qui viendra perturber cette lisse cérémonie.
Après les Oscars des meilleurs maquillage à The Wolfman (la seule catégorie où ce navet pouvait décemment être présent), et costumes à Alice in Wonderland (en toute logique), une petite surprise pour se réveiller - la présence d'Obama dans un vox-pop sur la plus belle chanson de film jamais composée, on aura vraiment tout vu - et une succesion de mièvreries chantées particulièrement pénibles, de retour aux statuettes d'envergure, celles du monde documentaire.
Si Strangers No More remporte donc l'Oscar du meilleur court documentaire (et God of Love celui du meilleur court de fiction), la vraie compétition se trouvait du côté des longs où s'affrontaient de très beaux et gros morceux. Et au nez et à la barbe des percutants Gasland, Restrepro et Waste Land et du génialissime Exit Through the Gift Shop (on ne saurait donc jamais si Banksy était là ou non), c'est Inside Job, regard intelligent sur la crise financière qui l'emporte.
Un décor hideux, un discours dégoulinant de politiquement correct célébrant l'union Oscars / ABC, une équipe d'habilleurs capable de travailler à une vitesse supersonique sur les costumes de miss Hathaway, une présentation historique particulièrement quétaine de Hugh Jackman et Nicole Kidman, de plus en plus en carton-pâte, pour les catégories sonores, un orchestre qu'on croirait sorti d'une croisière un peu ringarde... ouf, la soirée a un sérieux coup de mou.
Rayon statuettes, The Social Network continue à engranger les prix avec l'Oscar de la meilleure musique, Inception se console en remportant ceux du meilleur son et du meilleur montage sonore.
Du charisme, une fébrilité hallucinante, un rôle difficile entre junkie détestable, boxeur minable et grand frère white trash, Christian Bale ne pouvait pas ne pas gagner... Et comme parfois les choses sont bien faites, le velu acteur, visiblement ému, repartira bel et bien chez lui, une statuette sous le bras.
Un doublé, donc, pour The Fighter qui pourrait bien être l'invité surprise de cette soirée pour le moment sur des rails d'un prévisible absolu.
Helen
Débarquée à Montréal il y a dix ans, Helen Faradji promène depuis sa passion pour le cinéma en toute liberté. Titulaire d'un doctorat sur le cinéma des frères Coen et de Quentin Tarantino, elle collabore ainsi à de nombreuses publications et a été chef de section Cinéma de l'hebdo ICI avant de devenir rédactrice en chef du 24images.com.
Aleksi
Journaliste/critique à la Presse et responsable de la chronique Mauvaise Langue sur MSN.ca, Aleksi K. aime le cinéma. Un peu de tout. N'importe quoi. Parce que n'importe quoi, c'est le paradis, n'importe quoi c'est l'au-delà.
Genevieve
Éditrice des sections Cinéma, Célébrités et Divertissement sur MSN.ca, Geneviève préférerait passer ses journées à regarder des films… Mais elle passe plutôt ses journées à éditer des textes de journalistes qui passent leur journée à regarder des films. C’est toujours mieux que de se lacérer les yeux avec une chaîne rouillée, non?