En salle!
Un film de Jodie Foster
Parle à ma main… Voilà grosso modo l’argument de ce Beaver, nouvelle réalisation attendue de Jodie Foster. Une main, donc, habillée d’une marionnette de castor, appartenant à un dépressif chronique qui pense avoir trouvé là de quoi calmer ses névroses et récupérer sa famille modèle. Évidemment, rien n’ira comme prévu, surtout pas pour Jodie Foster qui s’emmêle les pinceaux entre comédie romantique gnangnan (ce sirop de musique versé sur chaque scène!), portrait familial convenu et bien-pensant et thriller psychologique cousu de fil blanc. Avec un Mel Gibson à fond dans la performance et qui a l’air de se penser dans Vol au-dessus d’un nid de coucou, The Beaver s’enlise bien vite dans la catégorie film empaillé dont l’idée, originale, est gâchée par un propos et des valeurs rose bonbon (l’amour sauve de tout, même de la schizophrénie, youpi!). On attendait plus de dame Foster.
Un film de Massy Tadjedin
Mais qu’elle est jolie, Keira Knightley. Qu’elle porte bien la tenue de soirée. Que les vêtements tombent bien sur son corps trop maigre… Un vrai rêve de designer. Une fois qu’on a dit ça, on a presque tout dit au sujet de Last Night, vague histoire d’adultère croisé aussi excitante qu’une soirée devant L’Auberge du chien noir. Certes, c’est un premier film et l’indulgence pourrait être plus facilement de mise. Mais devant cette photographie terne, cette mise en scène sans imagination, cette musique insupportable et omniprésente, ces personnages vides et surtout ce récit sans épine dorsale qui se ramène au niveau zéro de la romance (madame flanche pour son ex, monsieur pour sa collègue), les excuses fondent comme neige au soleil. Surtout lorsque l’on voit Guillaume Canet (perpétuellement hilare), Eva Mendes (en mante religieuse tristounette) et Sam Worthington (une patate chaude dans la bouche) servir de faire-valoir mal dirigés à Mlle Knightley. Pour s’amuser, on préférera revoir cent fois le Closer de Mike Nichols qui réussit tout ce que ce Last Night rate dans les petites comme dans les grandes largeurs.
Un film de Michel Leclerc
Sur l’affiche du film, les fesses de Sara Forestier (L'esquive) ont de quoi charmer. Avec l’apparition de Lionel Jospin dans son propre rôle (oui, oui), elles seront d’ailleurs un des arguments-chocs de ce film dont on ne sait pas encore très bien s’il faut en rire ou en pleurer. Car Sara, ici devenue Bahia, a une idée derrière ses fesses: les utiliser pour «convertir» les fachos, faire virer ceux de droite vers la gauche. Mais l’amour, le vrai, lui tombera sur le coin du nez en la personne d’Arthur, un Jospiniste convaincu adepte de la timidité volontaire (Jacques Gamblin qui sauve le film du désastre total). Pétri de condescendance et de bonnes intentions, plus révélateur d’une certaine idée bourgeoise de la pensée de gauche, rempli de dialogues-slogans franchement simplistes et exaltant une idée puérile de la liberté, Le nom des gens a été le succès-surprise de 2010 en France. Honnêtement, on se demande encore pourquoi.
Helen Faradji



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