Sorties DVD
Semaine du 26 juillet 2011
Le cancer, les attentats terroristes et les dangers d’internet: notre semaine de cinéma à la maison fait dans le sujet de société.
Un film de Bertrand Blier
Imaginez. Ça sonne à la porte, vous ouvrez. « Bonjour, je suis votre cancer ». Comme ça, paf, sans prévenir. Votre cancer, bien vivant, tout prêt à vous pourrir la vie, débarque. Et il n’y a pas d’échappatoire possible. Un cauchemar, mais aussi une formidable idée de cinéma que Bertrand Blier attaque de plein front dans cette farce fantaisiste et morbide qu’est Le bruit des glaçons. À proscrire aux hypocondriaques tant il est anxiogène, le film met alors face à face cette teigne de maladie et un écrivain alcoolique qui a préféré se retirer du monde pour mieux observer leur dialogue, complètement fou, complètement lucide. Les répliques assassines – sans mauvais jeu de mots – fusent, les exagérations théâtrales sont innombrables, l’originalité transpire de chaque scène. Certes, cette nouvelle provocation de l’enfant terrible du cinéma français ne va pas jusqu’au bout de ses promesses, se reposant trop souvent sur la simple singularité de son histoire. Mais pour le rire plus que jaune qu’il ne cesse de provoquer, et surtout pour le duel Jean Dujardin-Albert Dupontel, tous les deux s’en donnant à cœur joie, on est prêts à beaucoup de compromis. À vos risques et périls.
Un film de Duncan Jones
Oui, Duncan Jones est le fils de David Bowie. Voilà pour l’anecdote, le dossier est fermé. Car Duncan Jones n’a pas besoin du prestige paternel pour faire exister son nom. Auteur d’un premier film particulièrement élégant dans son hommage à ce que la science-fiction a donné de meilleur (Moon), le voici aux commandes de ce paquebot naviguant toujours dans les eaux troubles de la SF. Basé sur une idée parfaitement alléchante (un type se réveille dans un train, ne se rappelle de rien, huit minutes plus tard, une bombe explose, avant que la même séquence ne recommence, encore, encore, et encore), Source Code fait sien le monde étrange et fascinant des paradoxes spatio-temporels et des réalités parallèles. Malheureusement, c’est poussivement qu’il s’y fraie son chemin. Dialogues illustratifs, explications extravagantes, sentimentalisme inutile, Jake Gyllenhaal manquant de conviction: le film déçoit. Sauf, c’est un fait, dans sa mise en scène, spectaculaire, inventive, divertissante, pleine d’un souffle et d’un entrain rares. D’où l’envie de voir très très vite Duncan Jones s’associer à un scénariste digne de ce nom et d'enfin être ce messie que la SF attend de pied ferme.
Un film de David Schwimmer
Ouh, le méchant internet. Attention, parents, méfiez-vous. Vous ne saurez jamais exactement ce que vos chères têtes blondes y font, et surtout qui ils peuvent y rencontrer. À Chicago, les Cameron vont en faire l’amère expérience alors que leur fille de 14 ans se laisse séduire on-line par un certain Charlie… Sur le papier, à partir de cette prémisse cousue de fil blanc, on pouvait donc craindre le pire. Mais surprise, David Schwimmer (lointain Friends) parvient à se maintenir la tête hors de l’eau pour signer un film qui, s’il n’échappe pas aux leçons de morale mélodramatiques, finit tout de même par trouver son rythme et son ton. Se concentrant plus particulièrement sur la situation de papa Cameron et l’envisageant avec pertinence et une certaine ironie, Trust parvient à tenir en équilibre au-dessus du marais poisseux des «films à thèse». On remercie un scénario suffisamment subtil pour éviter d’enfoncer les portes ouvertes, et surtout un trio d’acteurs aussi convaincus que convaincants: la jeune Liana Liberato et les trop rares Catherine Keener et Clive Owen.
Helen Faradji



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