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25 nov 2011

En salle!

IntroSemaine du 25 novembre 2011
Une merveille signée Martin Scorsese, une fantaisie signée Fred Wiseman, et une déception signée Jacek Borcuch… cette semaine, c’est du côté de l’Oncle Sam qu’on trouve de quoi se nourrir.

 
HugoHugo Cabret

Un film de Martin Scorsese

Avoir huit ans à nouveau et découvrir comme pour la première fois la magie, l’émerveillement. Ouvrir de grands yeux ronds devant un écran géant. Ne pas en revenir de voir un monde aussi grandiose s’animer, se trouver directement branché sur le canal imagination. Ça a l’air impossible, mais c’est pourtant ce petit miracle que réussit le décidement unique Martin Scorsese avec Hugo Cabret. Au départ, il n’y avait pourtant pas de quoi réveiller les morts. Un orphelin d’une douzaine d’années vivant dans une gare parisienne dans les années 30, en remontant minutieusement les mécanismes d’horloge; une petite fille passionnée de livres et d’aventures; un vieux réparateur de jouets amer mais dont le fond de l’œil brille d’une passion pas oubliée; un automate… Et la sempiternelle 3D dont tous les auteurs semblent aujourd’hui ne plus pouvoir se passer. Et pourtant, dès le premier plan de ce film «pour les enfants», adapté d’un bouquin de Brian Selznick, le prodige a lieu. La 3D fluide, spectaculaire, fait voleter les flocons de neige, nous plongeant immédiatement au cœur de cet univers imaginaire immensément riche où chaque détail, tant visuel que de scénario, transpire d’un amour aussi sincère qu’indéfectible au cinéma. Voyage dans l’histoire spectaculaire et haletant, croyance folle que le cinéma rend simplement heureux, militantisme assumé à la défense des «vieux» films (la marotte de Scorsese) et présence toujours magnétique de Ben Kingsley, et toujours drôle de Sacha Baron Cohen: impossible de résister. Hugo Cabret est un petit bonheur. Il faudrait être absolument fou pour s’en priver

 


CrazyHorseCrazy Horse

Un film de Frederick Wiseman

Pendant près de dix semaines, le grand documentariste américain Frederick Wiseman, 81 ans au compteur, s’est installé, tout sens de l’observation dehors, dans les coulisses du temple du chic-nu: le célèbre cabaret parisien Crazy Horse. Dix semaines, donc, pour scruter, épier, sans jamais être voyeur, les répétitions de la revue Désirs, chorégraphiée par Philippe Découflé pour l’institution. Cadrant les corps des danseuses dans leurs moindres détails, Wiseman redonne alors à ces dernières leur véritable statut: celui de professionnelles, d’athlètes. Désérotisées, les performances donnent en effet à voir d’abord et avant tout des corps au travail tandis qu’en arrière s’agitent, désorganisés, le chorégraphe et son directeur artistique, véritable caricature d’artiste imbu de sa propre suffisance, hilarant bien malgré lui. Monté avec une pertinence rare, Crazy Horse laisse aussi poindre, dans son dernier tiers, une véritable dimension critique, n’oubliant en effet pas qu’au sein de ce cabaret, les filles sont aussi de la chair à spectacle, calibrée et uniformisée. Ludique, joyeux, et sous ses dehors pailletés, beaucoup plus mordant qu’il n’y paraît, Crazy Horse prouve encore une fois qu’en matière de regard, d’empathie et d’attention à l’Autre, Fred Wiseman n’a de leçon à recevoir de personne.




ToutTout ce que j’aime

Un film de Jacek Borcuch

Le film ayant été choisi par la Pologne pour la représenter dans la course aux Oscars, forcément, on était curieux. Mais que retenir au final de ce Tout ce que j’aime, nouvelle réalisation de Jacek Borcuch? Le contexte socio-politique du printemps 1981, dominé par les grèves et révoltes menées par Solidarnosc contre la main-mise du régime soviétique sur les libertés individuelles, traité par-dessus la jambe, comme un décor de carton-pâte? La bluette sentimentalo-guimauve entre Janek, 17 ans, fils de militaire à la tête d’un groupe de punk rock et Basia, fille de syndicaliste? La rébellion de Janek érigée en principe, mais transformée par le film en vague miaulement inoffensif? Ou encore ces ellipses incohérentes et sans rythme, rendant le film aussi longuet que poussif? Non. On préférera simplement se souvenir de l’interprétation de Mateusz Kosciukiewicz, seule étincelle de vie de ce film dont on attendait beaucoup plus.

 


Helen Faradji

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Helen Faradji Helen

Débarquée à Montréal il y a dix ans, Helen Faradji promène depuis sa passion pour le cinéma en toute liberté. Titulaire d'un doctorat sur le cinéma des frères Coen et de Quentin Tarantino, elle collabore ainsi à de nombreuses publications et a été chef de section Cinéma de l'hebdo ICI avant de devenir rédactrice en chef du 24images.com.

Aleksi K. Lepage Aleksi

Journaliste/critique à la Presse et responsable de la chronique Mauvaise Langue sur MSN.ca, Aleksi K. aime le cinéma. Un peu de tout. N'importe quoi. Parce que n'importe quoi, c'est le paradis, n'importe quoi c'est l'au-delà.

Geneviève Dallaire Genevieve

Éditrice des sections Cinéma, Célébrités et Divertissement sur MSN.ca, Geneviève préférerait passer ses journées à regarder des films… Mais elle passe plutôt ses journées à éditer des textes de journalistes qui passent leur journée à regarder des films. C’est toujours mieux que de se lacérer les yeux avec une chaîne rouillée, non?


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