Des nouvelles d'une réalisatrice afghane
On a beaucoup parlé dans ces colonnes de la situation des cinéastes iraniens. Mais en Afghanistan aussi, le combat est loin d'être fini.
C'est un reportage fascinant paru dans The Guardian qui met cette triste réalité en lumière: faire du cinéma en Afghanistan, particulièrement lorsqu'on est une femme, est devenu mission impossible. Et même pire.
Saba Sahar, la toute première femme à oser exercer le métier de cinéaste en Afghanistan, que nous présente l'article, met en effet chaque jour sa vie en jeu en se rendant sur le plateau de son film pour exercer son métier.
Refusant de porter la burqua dans un pays où les fenêtres des maisons doivent être teintées pour qu'on ne puisse voir les femmes de l'extérieur, dirigeant une équipe d'hommes, l'actrice-scénariste-réalisatrice-productrice a pourtant déjà six réalisations à son actif, dont The Law, grand succès local. La dernière en date, Commissaire Amanullah, est une série en 24 épisodes sur la police afghane.
Quotidiennement, cette mère de quatre enfants reçoit menaces de mort et ne se déplace plus sans garde du corps. Mais quotidiennement, elle se bat aussi, à sa façon, pour que l'égalité, la liberté et la dignité ne soient pas que des mots. Au journaliste britannique venu la rencontrer, elle affirme: "je veux montrer que les femmes afghanes sont capables de faire tout ce que les hommes font. Je veux montrer aux conservateurs qui enferment leurs femmes et leurs filles à la maison qu'ils devraient les laisser sortir, s'éduquer, gagner un salaire et aider à reconstruire l'Afghanistan".
Nous ne pouvons que la soutenir dans cette idée et souhaiter plus que vivement que ses films voyagent et soient vus, encore une des meilleures façons de ne pas la laisser, elle et ses collègues, tomber dans l'oubli.



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