« Le match des champions | Accueil | Cinéma gratuit au prochain FFM »

01 juin 2012

Blanche-Neige vs. Jack Black

Snow3Cette semaine, Jack Black se frotte à Blanche-Neige alors que la petite production indépendante Bernie risque de se faire manger tout rond par le gros poisson Snow White and the Huntsman. Ce serait pourtant injuste. Évaluation des forces en présence.

Les publicités de Snow White and the Huntsmans sont partout. Elles vantent une Blanche-Neige plus sombre et plus adulte qui n’hésite pas à prendre les armes pour se battre contre sa méchante belle-mère. Jusque-là, tout va bien. Surtout que le film est esthétiquement très au point, avec son lot de batailles violentes et de combats spectaculaires. Mais les défauts ne tardent pas à apparaître. L’effort est tellement long et répétitif que Morphée fait son apparition au bout d’une demi-heure, donnant seulement le goût de quitter la salle pour rejoindre son lit. Surtout qu’il n’y a rien pour contrer tous ces bâillements. Les dialogues sont insipides, le développement narratif est digne de la vieille série télévisée Kull et les actrices en font trop (Charlize Theron en reine diabolique qui cabotine à outrance alors qu’elle est si juste dans Prometheus) ou pas assez (Kristen Stewart en Blanche-Neige peu crédible qui se pense encore dans Twilight). Même les amatrices de Chris Hemsworth voudront revoir The Avengers pour la 74e fois au lieu de s’arrêter devant ce Lord of the Rings des pauvres. On a dit bien du mal de l’enfantin Mirror Mirror avec Julia Roberts. Mais au moins, c’était le moindrement drôle et divertissant. Tout le contraire de ce ratage qui se prend terriblement au sérieux.

Dans ces conditions, ce n’est pas surprenant de préférer Bernie où Jack Black joue un personnage à contre-emploi, le type de rôle qui pourrait lui valoir une nomination aux Oscars. Dans cette histoire vraie réalisée avec talent par Richard Linklater, Black incarne un homme populaire et aimé de tous qui est accusé d’avoir assassiné une vieille et riche mégère. Construit comme un documenteur, jouant constamment avec les attentes du spectateur, cette brillante satire rappelle que la vérité est bien souvent qu’un leurre… et que l’existence est loin d’être clémente au Texas! De quoi faire rigoler Werner Herzog dans sa barbe.

Le cinéphile plus aventureux voudra peut-être opter pour un de ces petits films qui ne restent généralement à l’affiche qu’une semaine. Dans ce cas-ci, les choix sont nombreux. Il y a Jesus Henry Christ sur les déboires d’un enfant qui recherche son père. Une production qui a tout pour être un succès (la présence des excellents Toni Collette et Michael Sheen, une trame sonore exquise qui comprend du Karkwa et du Cœur de Pirate) mais qui échoue lamentablement tant le cinéaste Dennis Lee se prend pour un émule de Wes Anderson. C’est également le problème de Jonathan Sobol qui a mis en scène A Beginner’s Guide to Endings comme un essai de Guy Ritchie, de Quentin Tarantino ou des frères Coen. C’est peut-être la seule façon qu’il a trouvé pour rendre intéressante cette histoire tirée par les cheveux où trois hommes condamnés décident de réaliser leurs rêves, mais le résultat est loin d’être probant.

Cela va déjà mieux en quittant la fiction pour rejoindre le documentaire. Oui, The Whale où Ryan Reynolds narre les aventures extraordinaires d’un orque est un effort pompeux, maniéré et manipulateur. On embarque malgré tout. Il y a des images superbes et les yeux se remplissent de larmes bien avant la fin. À mi-chemin entre le brillant Tarnation de Jonathan Caouette et les fascinantes expérimentations de Guy Maddin se trouve Fortunate Son de Tony Asimakopoulos, une tranche de cinéma vérité où le cinéaste montréalais filme ses parents et sa fiancée pendant quelques années. Loin du trip narcissique, il s’agit plutôt d’une lettre d’amour à la famille, à la Grèce et aux beaux lendemains.

Et le très attendu Piranha 3DD dans tout ça? Il n’y a eu aucune projection de presse, ce qui en dit long sur le désir du studio de préserver leur «chef-d’œuvre» des méchantes critiques qui ne comprennent rien à rien…

Martin Gignac

TrackBack

Commentaires

Flux You can follow this conversation by subscribing to the comment feed for this post.

Poster un commentaire

publicité

Helen Faradji Helen

Débarquée à Montréal il y a dix ans, Helen Faradji promène depuis sa passion pour le cinéma en toute liberté. Titulaire d'un doctorat sur le cinéma des frères Coen et de Quentin Tarantino, elle collabore ainsi à de nombreuses publications et a été chef de section Cinéma de l'hebdo ICI avant de devenir rédactrice en chef du 24images.com.

Aleksi K. Lepage Aleksi

Journaliste/critique à la Presse et responsable de la chronique Mauvaise Langue sur MSN.ca, Aleksi K. aime le cinéma. Un peu de tout. N'importe quoi. Parce que n'importe quoi, c'est le paradis, n'importe quoi c'est l'au-delà.

Geneviève Dallaire Genevieve

Éditrice des sections Cinéma, Célébrités et Divertissement sur MSN.ca, Geneviève préférerait passer ses journées à regarder des films… Mais elle passe plutôt ses journées à éditer des textes de journalistes qui passent leur journée à regarder des films. C’est toujours mieux que de se lacérer les yeux avec une chaîne rouillée, non?


En vidéo

juin 2013
dim. lun. mar. mer. jeu. ven. sam.
1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30