Bonjour la polisse
Maïwenn n’est peut-être pas très loquace en entrevue, mais elle fait d’excellents films. C’est tout ce qui compte, à la fin. Et de toutes les sorties dvd de la semaine au Québec, Polisse est le titre à ne pas manquer.
Bien sûr, il n’est pas parfait. Lorsque la réalisatrice se met trop en vedette, l’intérêt finit presque par prendre le bord. Mais cela n’arrive pas souvent. Au contraire, cette incursion au sein d’une brigade de protection des mineurs parisienne est comme un électrochoc qui fait instantanément réagir. Rarement la détresse aura été aussi palpable. Et ironiquement, il y a des touches d’humour qui font rire aux larmes. Un mélange d’émotions qui fait tant de bien et qui rend Polisse un incontournable.
Pour son premier long métrage, le cinéaste Ivan Grbovic la joue beaucoup moins extroverti. Roméo Onze est une oeuvre intimiste et délicate qui ne semble pas vouloir se faire remarquer. Un récit d’apprentissage sur un jeune homme blessé par la vie qui est campé à la perfection par le jeune comédien non professionnel Ali Ammar. La subtilité est de mise, de chaque plan, se mêlant adroitement à la photographie majestueuse de Sara Mishara qui montre une facette inédite de Montréal. Le genre d’essai dont peut être fier le cinéma québécois.
Tout le contraire de L’empire Bossé, une satire beaucoup trop gentille des hommes d’affaires voraces. La matière première peuple les journaux à chaque jour. Pourtant, Claude Desrosiers offre une comédie complètement inoffensive qui tombe plus souvent qu’autrement à plat. Et faire appel à Guy A. Lepage n’est pas la meilleure idée du monde. L’animateur est peut-être moins pire que dans L’appât, mais c’est tout sauf un acteur.
Sorti directement en dvd au Québec, Et soudain, tout le monde me manque de Jennifer Devoldère interroge les relations père-fille avec simplicité, fantaisie et bonne humeur. Une comédie dramatique qui ne paye pas de mine, mais que tout le monde va aimer, principalement pour le jeu rayonnant de Mélanie Laurent et celui, chaleureux, de Michel Blanc.
C’est à quoi on se serait attendu de Drew Barrymore et de John Krasinski qui sont généralement attachants comme tout. Mystérieusement, ils paraissent incroyablement éteints dans Big Miracle de Ken Kwapis, une histoire vraie dégoulinante de bons sentiments sur le sauvetage de trois baleines prisonnières des glaces. Allez, on sort les violons.
Beaucoup plus fou et éclaté est Project X de Nima Nourizadeh qui arrive à recréer le plus grand party jamais rêvé par l’adolescent qui sommeille en soi. Un film culte en devenir, beaucoup moins soporifique et superficiel qu’il ne le laisse paraître. Pour une surprise, cela en est une bonne.
Martin Gignac



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