Brave ou Abraham Lincoln : Vampire Hunter?
C’est la seule et unique question à se poser pendant la fin de semaine. Avec qui faut-il fuir la canicule? En compagnie d’une gentille petite princesse rousse ou avec un sanglant chasseur de vampires?
Brave apparaît au haut de la liste de plusieurs cinéphiles. Après un premier faux pas (le si ennuyant Cars 2), le studio derrière Toy Story se reprend d’une belle façon avec ce nouveau projet esthétiquement éblouissant qui suit les aventures d’une rouquine qui se révolte contre ses parents. Il y a de l’action, de l’aventure, de l’humour, des morceaux de bravoure et des ours à revendre. De quoi amuser les enfants. Mais les parents dans tout ça? Pourquoi ont-ils droit à une histoire si classique, attendue et moralisatrice qui ne révèle aucune surprise? À force de ne prendre aucun risque, Pixar risque bien de se faire dépasser par la compétition.
Les amateurs de Fantasia – qui sont naturellement plus tordus - voudront essayer Abraham Lincoln : Vampire Hunter, une relecture à la sauce trash et fantastique de l’existence du plus célèbre président américain. Comme l’indique son titre, il s’agit d’une série B complètement disjonctée et stupide, en phase avec les précédents projets de son réalisateur (Timur Bekmambetov à qui l’on doit Wanted, Night Watch et Day Watch). S’il ne vole pas très haut, le récit en forme de bande dessinée fait plein de liens audacieux avec l’Histoire, demeurant pourtant à peine recommandable tant la coupe atteint trop rapidement sa saturation. On éprouve tout de même un certain plaisir à voir le charmant Dominic Cooper, l’éternel méchant Rufus Sewell et le nobody Benjamin Walker (un clone de Liam Neeson jeune) se battre pour des riens. Et il y a un combat de chevaux qui ne s’oubliera pas de sitôt.
Derrière ces deux poids lourds se trouvent quelques longs métrages (Seeking a Friend for the End of the World, Safety Not Guaranteed, Your Sister’s Sister, Lola Versus) qui semblent très prometteurs. Mais comme c’est trop souvent le cas, les projections tombaient toutes au même moment et les choix effectués n’étaient pas nécessairement les meilleurs.
C’est ce qui arrive lorsqu’on veut encourager le cinéma québécois. The Girl in the White Coat est un film bilingue signé Darrell Wasyk qui est aurait pu être génial. L’excellente Pascale Montpetit erre dans un Montréal enneigé, tirant constamment le diable par la queue. Des belles intentions de départ, on se retrouve avec un mélodrame qui devient de plus en plus lourd, se terminant un peu n'importe comment.
Cela ne va guère mieux du côté de Toi, moi, les autres d’Audrey Estrougo, une sorte de Roméo et Juliette à la sauce de la comédie musicale qui verse peu à peu dans la critique sociale (le sort des sans-papiers, comme toujours en Europe). La démarche est admirable. Sauf que la «balloune» se dégonfle tellement rapidement qu’il faudra se farcir une tonne de numéros chantés et dansés d’un kitch incroyable. À ce prix-là, mieux vaut peut-être rester chez soi et passer la fin de semaine en compagnie de son ami climatiseur.
Martin Gignac



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