Le film de poil à l’honneur
C’est le temps de se faire pousser les cheveux, de se promener torse nu et de ressortir les vieux albums de Bon Jovi, de Guns N’Roses et de Def Leppard en faisant de l’air guitar. Rock of Ages arrive sur les écrans, faisant revivre la formidable année de 1987. Il ne s’agit pourtant pas de la nouveauté cinéma la plus intéressante de la semaine.
C’est cependant celle qui a la plus belle distribution. Avoir Tom Cruise, Alec Baldwin, Catherine Zeta-Jones, Paul Giamatti et Russell Brand dans son générique est une bonne chose. Surtout que ces acteurs sont les meilleurs éléments de Rock of Ages, l’adaptation cinématographique d'une populaire comédie musicale qui porte sur le désir de réussite d’une jeune femme fraîchement débarquée à Hollywood. Après son inégal Hairspray (un autre succès musical qui n’avait pas la fraîcheur du travail de John Waters), le réalisateur Adam Shankman reprend du poil de la bête, livrant ce plaisir coupable extrêmement kitch qui fait amplement sourire. Sauf qu’au bout de 60 minutes de chansons, le spectateur a l’impression d’avoir fait le tour. Alors imaginez plus de deux heures à se farcir les amourettes insignifiantes de Julianne Hough et de Diego Boneta! Si seulement ils avaient du talent… Ou que l’on voyait davantage Cruise et compagnie.
Côté casting, mieux vaut laisser venir à soi le délicieux Moonrise Kingdom qui convie Bruce Willis, Edward Norton, Frances McDormand, Bill Murray et Tilda Swinton dans une grande chasse aux scouts. Comme toujours chez Wes Anderson, le rythme n’est pas totalement au point et la légèreté l’emporte sur le reste. Mais quel film charmant et mignon comme tout, qui fait tellement de bien!
Moins aimable mais encore plus maîtrisé est Les adieux à la reine de Benoît Jacquot qui retrace les derniers jours précédant la Révolution française. De facture très moderne, l’opus navigue avec allégresse entre les personnages, livrant son lot de dialogues brillants et de prouesses techniques. Et le cinéphile masculin sera au septième ciel avec les éternelles beautés que sont Diane Kruger, Léa Seydoux et Virginie Ledoyen.
Si j’ai malheureusement raté Les Acacias de Pablo Giorgelli qui a remporté la Caméra d’Or à Cannes en mai dernier, j’ai pu attraper Hors les murs de David Lambert qui a été primé à la Semaine de la Critique (il a mis la main sur le prix du public). Peut-être que j’aurais dû faire le contraire. Cette histoire d’amour entre deux hommes n’est pas mauvaise. Elle n’échappe cependant pas aux clichés et aux facilités scénaristiques. Et Mélissa Désormeaux-Poulin d’Incendies n’est pas très crédible dans un rôle secondaire. Ah, les joies des coproductions…
Les amateurs de vieilles maisons seront peut-être intéressés par la sortie de deux titres intriguants qui se révèlent, au final, inaboutis. 388 Arletta Avenue de Randall Cole est un essai fauché sur un homme qui tente d’expliquer la disparition de sa femme. On sent l’influence de Michael Haneke dans cet exercice qui tourne à vide malgré – ou à cause de - la présence de Nick Stahl, de Mia Kirschner et de Devon Sawa. Pour sa part, The Beat Hotel d’Alan Govenar est un documentaire sur cet hôtel parisien qui a accueilli en 1957 quelques-unes des personnes les plus importantes du mouvement de la Beat Generation, dont Allen Ginsberg et William S. Burroughs. Un passage fascinant et essentiel de l’Histoire qui ne transcende jamais la simple anecdote.
Après avoir été traumatisé par le navet Jack and Jill l’année dernière, je me suis promis de bouder le reste de la carrière d’Adam Sandler. C’est pourquoi je me suis tenu loin de That’s My Boy (et aussi parce que la projection tombait au même moment que celle de Rock of Ages). Pour l’instant, Rotten Tomatoes et Médiafilm me donnent raison. Mais qui sait, peut-être que j’ai manqué quelque chose de majeur et d'important...
Martin Gignac



Rédigé par : Voyante | 19 juin 2012 07:31:06
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