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27 juil 2012

Ce week-end à Fantasia

BeastFin de semaine excentrique à Fantasia où on ne lésine jamais sur la variété. Du jamais vu, des vieilleries décryptées, du très beau, du très laid, pas toujours pour toute la famille, mais il y aura quand même des cartoons d'après-midi. Voici un petit tour, non-exhaustif et subjectif, du catalogue. 

Vendredi 27 juillet

On commence en douce (façon de parler) avec un certain A Night of Nightmare (lequel titre affiche clairement le programme), film d'horreur surnaturelle et «occulte» à propos de pauvres diables dans une maison hantée. Le réalisateur Buddy Giovinazzo, qui avait offert le très violent, sombre et nihiliste Combat Shock en 1984 se serait-il calmé pour offrir un thriller fantastique flou et vaporeux? Rien n'est moins certain. Buddy sera sur scène pour présenter son œuvre.

Dans un registre semblable, mais en mode documentaire, My Amityville Horror, fruit d'une dizaine d'années de recherches, retrace à coups d'entretiens, de témoignages et d'images troublantes, l'histoire de cette maison possédée de Long Island, affaire sordide et nébuleuse qui aura donné naissance à quelques fictions commerciales et populaires «basées sur des évènements réels» dans les années 70 et 80. Le documentariste Eric Walter sera présent à la projection pour nous expliquer s'il a su bien faire la lumière sur cette sombre affaire.

Changement drastique de ton: Fantasia présente le dérangeant «drame psychologique» Christiane F, de l'allemand Uli Edel. Oui, l'adaptation très peu jojo du roman-témoignage pas plus gai de Moi, Christiane F, 13 ans, droguée, prostituée (avec les chansons de David Bowie.)

Aussi dépoussiéré, pour notre plus grand bonheur, le (très semi) classique du prolifique Enzo G.Castellari, 1990: Les guerriers du Bronx, films de gangs de rues futuriste daté de 1982 et qui a fait les beaux jours des premiers clubs vidéo chez nous. Miracle, on nous présente la version française de l'époque.

À louer
Christane F et Les guerriers du Bronx sont assez facilement disponibles, si vous ne pouvez vous rendre à Concordia. Revoyez aussi l'épouvantable Amityville II,  de Damiano Damiani, beaucoup plus terrifiant et infiniment plus trash que le premier opus dont il est d'ailleurs la «préquelle».

Amityville_2_01

Samedi 28 juillet

(Prenez votre souffle), Mega-MonsterBattle: Ultra Galaxy Legend -The Movie, sous ce titre extravagant et pompeux nous est proposé ni plus ni moins que le retour d'ULTRAMAN, super-héros nippon dont le seul nom évoque, aux moins jeunes (le personnage frôle ses 45 ans d'existence) des souvenirs émus. Et parfois flous: un homme costumé, dans un décor de carton-pâte, luttait contre... Des méchants. Ici, Koichi Sakamoto donne un  nouveau souffle à la franchise dans ce spectacle pétaradant pour gamins de tous âges. Amenez-y vos kids.

Autre joli titre, mais d'une simplicité désarmante: Mon ami, caustique et canadienne comédie (de Rob Grant) mettant en scène deux losers résolus à se sortir, par les dernières énergies du désespoir, de leur bourbier existentiel. Ils feront de très mauvais choix et seront pourchassés et terrassés.     

C'est un plaisir particulièrement coupable que de revoir, sur le grand écran, ce fiasco monumental qu'est le Caligula de Tinto Brass et Bob Guccione, un projet de fou à l'époque (1979), projet mégalomane à l'image de l'empereur décadent dont le film illustre la démesure jusqu'à sa chute. Drame historique bourré de «propos sociaux» pour Tinto Brass, film de fesses avec des effets gore pour Bob Guccione (monsieur Penthouse), Caligula est un formidable foutoir dont on sort assommé et repu par tant de stupre et de gâchis.

L'hypothèse du Mokélé-Mbembé est un documentaire de Marie Voignier à propos d'une créature de mythes et de légendes, ce Mokélé-Mbembé, monstre venu des profondeurs de la forêt africaine et qui, selon les témoignages divers et variés, ressemble ici à une bête de la préhistoire, et là à une chose sans caractéristiques physiques propres et qui prend la forme de ses proies (tiens, riens, The Thing). Amateurs du Bigfoot, voici l'abominable homme des jungles.

À louer
Voyez, en toute intimité, le Caligula de Tinto Brass et Bob Guccione. Plusieurs versions circulent, la plupart sont censurées. Avec un peu de chance (ou de malchance, selon vos goûts) vous devrez passer le rideau derrière lequel se cachent les étalages de films XXX au club vidéo.

Caligula

Dimanche 29 juillet

Les trésors du Dr.Dubius est un étrange projet, présenté gratis chaque dimanche à 11h. Sous cet insolite «Dr.Dubius» se cache en vérité un certain André Dubois, l'un des fondateurs de Fantasia. Dubius en personne présentera et commentera des compilations de films mettant en vedettes des super-héros japonais, donc beaucoup de robots de toutes formes et couleurs. Ça promet de faire du bruit.

L'italien Ettore Scola proposait en 1976, avec Affreux, sales et méchants, une comédie hors normes et hors proportion où toutes les bassesses étaient permises. Il y est question des déboires d'une famille disloquée et dépravée dans quelque sordide banlieue de Rome. Fantasia a retrouvé les bobines et vous le présente sur grand écran en version française.

Prix du jury à Gérardmer, ce danois Beast de Christoffer Boe est un drame conjugal qui dépasse de très loin les plates affaires de chicanes de couple, nous y nageons dans les boues de la psyché humaine avec ce couple idyllique et osmotique qui s'effritera lentement  pour s'effondrer, avec l'intrusion d'un homme, dans les abîmes de la folie. Rien que de très léger, en somme.

Et terminons sur un ton badin avec Eurocrime! The Italian Cop and Gangster Films That Ruled the 70'S, documentaire qui, comme l'indique clairement le titre, s'intéresse aux films policiers italiens (poliziottesco) des années 70, ces belles années où le pays de Fellini produisait à la tonne des sous-produits de films américains. Sous-produits? Il y a plus à trouver dans ce cinéma que dans celui produit aujourd'hui. Le documentariste Mike Mallow (présent à la projection), brossant un portrait de cette sous-industrie, se sera entretenu avec des spécialistes du genre, acteurs, réalisateurs, tels que Franco Nero, Enzo G.Castellari, Fred Williamson et John Saxton.

À louer
Au lieu de Beast, revoyez L'Antéchrist de Lars von Trier, lequel aborde des thèmes similaires, et ne fermez pas les yeux vers la fin pendant «la scène qui a tant fait jaser» où Charlotte Gainsbourg mutile son sexe. Ce n'est qu'un film après tout. Relouez aussi, à défaut d'un authentique poliziottesco (ils ne courent pas les clubs vidéo) n'importe quel film de Tarantino, ou presque. Ce genre, plus que d'autres, aura grandement inspiré l'auteur de Kill Bill et Pulp Fiction.

Antechrist

Aleksi K. Lepage

Pour plus d'information, consultez le site officiel.

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Helen Faradji Helen

Débarquée à Montréal il y a dix ans, Helen Faradji promène depuis sa passion pour le cinéma en toute liberté. Titulaire d'un doctorat sur le cinéma des frères Coen et de Quentin Tarantino, elle collabore ainsi à de nombreuses publications et a été chef de section Cinéma de l'hebdo ICI avant de devenir rédactrice en chef du 24images.com.

Aleksi K. Lepage Aleksi

Journaliste/critique à la Presse et responsable de la chronique Mauvaise Langue sur MSN.ca, Aleksi K. aime le cinéma. Un peu de tout. N'importe quoi. Parce que n'importe quoi, c'est le paradis, n'importe quoi c'est l'au-delà.

Geneviève Dallaire Genevieve

Éditrice des sections Cinéma, Célébrités et Divertissement sur MSN.ca, Geneviève préférerait passer ses journées à regarder des films… Mais elle passe plutôt ses journées à éditer des textes de journalistes qui passent leur journée à regarder des films. C’est toujours mieux que de se lacérer les yeux avec une chaîne rouillée, non?


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