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30 juil 2012

Cette semaine à Fantasia

IntroEt voici une nouvelle fournée de films en tous genres, pour tous les goûts, raffinés autant que douteux, présentés à Fantasia cette semaine, quelques évènements dignes de mention et de vagues suggestions de DVD.

Lundi 30 juillet

Événement
Oui, c'est le «traditionnel»  Small Gauge Trauma édition 2012, florilège de courts-métrages venus d'un peu partout à travers la planète, chaque film ayant été dûment choisi par les gens de Fantasia. Huit courts-métrages en tout, relevant tous du cinéma horrifique. Y seront représentés le Canada et les États-Unis, évidemment, mais aussi l'Espagne, l'Angleterre et la Belgique.

Films
Rien de plus humiliant pour un vieux que de devoir être «placé», c'est-à-dire d'être forcé à quitter son domicile pour aller rejoindre les agonisants dans l'une de ces résidences pour personnes âgées. Wrinkles aborde, entre autres sujets, cette cruelle impression de la perte de dignité. Et c'est un dessin animé! Le vieil Emilio, qui n'en a plus pour très longtemps, est donc coincé en résidence, des amis originaux et détraqués l'aideront à finir ses jours dans la joie et la fierté. Wrinkles, d'Ignacio Ferreras avait été primé aux Oscars, ce qui lui a évidemment valu une excellente réputation.

Dans un tout autre ordre d'idée, mais alors vraiment tout autre, le documentaire Il n'y a pas de rapport sexuel, de Raphaël Siboni, pose la loupe sur le milieu du cinéma porno, sur les acteurs précisément, ce film n'étant pas un reportage sur l'industrie du XXX. Nous y suivons donc ces acteurs et ces actrices sur les lieux de tournage, en pleine action sur le plateau, en préparation dans les loges, ou bavardant entre deux prises. Une journée de travail tout à fait banale dans les étroits studios du réalisateur porno HPG (alias Hervé-Pierre Gustave). Il y a contenu explicite dans ce documentaire, donc prière de laisser les enfants au vestiaire.

Directement de Bollywood, voici Singham, film d'action indien qui mélange allègrement thriller, cascade, humour et, comme le veut la tradition, bribes de comédie musicale, Bollywood oblige. Immense succès en son pays, ce Singham de 2011 signé Rohit Shetty est le remake d'un certain Singam (le même titre, sans le G) lancé un an avant. Grosso modo, ce brave Singham en titre, flic sans peur et sans reproche, lutte contre des malfrats corrompus et haut placés.

Dans Schoolgirl Apocalypse de John Cairns, les hommes (enfin les mâles, garçons inclus) d'un petit village tranquille font petit à petit montre de comportements disgracieux et violents, comme si le bled était atteint d'un mal mystérieux. La tension et la panique montent à mesure que sont commis les délits. Aurions-nous donc affaire à une nouvelle variété de zombies? La jeune héroïne, ayant compris les origines de cette étrange épidémie de folie furieuse, se prépare à un combat sans pitié, aidée par un «ami imaginaire» issu des illustrations d'un manuel scolaire. Non, ce n'est pas une comédie.

À louer
L'envers du décor de cet énigmatique «milieu du cinéma porno» vous fascine, bande de coquins? Louez l'excellent Le pornographe de Bertrand Bonello. Oui, il y a bien quelques scènes osées, mais elles sont rares, ce film relate la carrière déclinante d'un réalisateur de films XXX ambitieux, idéaliste mais devenu mélancolique (ce merveilleux Jean-Pierre Léaud) en proie à un système de production cheap et mécanique, alors que le cinéaste vieillissant rêve d'un film porno qui se terminerait par une scène d'accouchement!

LePornographe

Mardi 31 juillet 

Films
Avis aux amis de Gaïa: Monsters Club de Toshiyaki Toyoda brosse le portrait troublant d'un «écoterroriste» lequel sévit, seul, sous le nom du «Monsters Club» à coups de bombes artisanales envoyées par la poste à de grosses entreprises qu'il juge responsables de tous les maux de la Terre. L'homme vit en ermite, reclus quelque part dans les montagnes du Japon. Il sera bientôt hanté par ses propres démons, qui prendront forme sous ses yeux. On promet un film méditatif, non pas un thriller politique.

Les fanas de Shaun of the Dead  seront ravi de retrouver l'acteur britannique Simon Pegg dans A Fantastic Fear of Everything, comédie horrifique de Crispian Mills et Chris Hopewell. Pegg y incarne un auteur paumé, confiné à l'écriture de «romans jeunesse» et qui caresse des projets de scénarios inspirés de tueurs tristement célèbres à la Jack l'éventreur. Rendu paranoïaque à force de lectures et d'isolement, l'écrivain se croit persécuté par un fantôme et menacé par des gens du commun.

Deux ingénieurs en robotique, dévastés par la destruction d'un androïde-prototype lequel devait être présenté à une exposition, font appel à un vieil homme bourru qui, costumé, devra se faire passer pour un robot. Le vieillard en met trop, donnant au faux automate l'air d'une invention révolutionnaire,  et les deux ingénieurs passent pour d'authentiques génies. Comment s'arrangeront ces lascars avec les conséquences de leur supercherie? Tout cela dans Robo-G, comédie nippone signée Shinobu Yagushi.

Retour (en force?) du routier William Friedkin, l'homme derrière les caméras de The Exorcist, mais aussi l'auteur des polars The French Connection et To Live and Die in L.A., qui revient avec ce nouveau Killer Joe au thriller policier. Matthew McConaughey y joue un tueur à contrats, engagé ici pour assassiner la mère d'un pauvre type qui a besoin de fric, très rapidement, pour payer ses dettes à des dealers particulièrement mécontents. Ça ne tournera bien pour personne.

À louer
Pouvez pas aller voir Killer Joe de William Friedkin? Revoyez To Live and Let Die in L.A. Certes le film paraît daté, tape-à-l'oeil, trop «années 80», mais cela ajoute au charme, comme on dit. Et ce film sous-estimé prouve que William Friedkin sait s'y prendre pour fabriquer un thriller policier qui torche.

Liveletdie

 

Mercredi 1er août

Événement
Origins of the «Dark Knight» invite tous les bat-fans à explorer les origines de l'homme chauve-souris. Batman vient de loin, il a eu plusieurs vies, et cet événement nous ramène aux sources obscures et vaporeuses du personnage attribué à Bob Kane. On découvre déjà des traces du Chevalier noir dans un poussiéreux thriller de 1931 intitulé The Reckoner, avec Bela Lugosi (le film sera projeté). Les bat-spécialistes Philippe Spurell et Christian Major feront office de présentateurs et de conférenciers. Sera également projeté un épisode de Batman & Robin datant de 1949, soit plus d'une décennie avant que la 20th Century Fox Television en fasse une série kitsch dans les années 70.

Films
À en croire le synopsis, Revenge: A Love Story de Wong Ching-Po, n'a rien d'une bluette romantique. Dans les bas fonds de Hong Kong, un tueur en série traque les femmes enceintes pour les éventrer et abandonner les corps meurtris à l'agonie. Des flics veillent, mais apparemment rien ne se passe pour le mieux dans ce glauque univers de perdition. Il y aura vengeance, et ce ne sera pas joli.

Quoi qu'il s'agisse d'un film d'animation, Asura de Seiichi Sato n'est pas nécessairement plus léger, de forme comme de fond. Dans un Japon moyenâgeux où les riches abandonnent la plèbe démunie à la famine, réduits au cannibalisme pour subsister, un étrange petit monstre, armé d'une grande hache, se fait justice et traque ses proies pour les dévorer tel un fauve affamé. La BD Asura de laquelle s'inspire ce film avait fait jaser à sa sortie en 1970, jusqu'au bannissement dans certains coins du Japon. C'est tout dire.

L'Islande ne compte pas des masses d'habitants: ils ne sont même pas 500 000 têtes en ces terres froides et séparées du monde. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas avoir, comme tout pays qui se respecte, une pègre locale et bien organisée. Black's Game, d'Óskar Thór Axelsson, nous traîne donc dans les recoins sombres et louches de Reykjavik alors qu'un jeune homme, en échange d'un immense service qui devra lui permettre de se sortit d'un bourbier juridique, accepte de pactiser avec des bandits. Il ignore que ces mafieux ont de grandes ambitions et cette aventure au sein des malfrats ne sera pas une partie de plaisir.

À louer
Batman: The Movie, justement. Celui de 1966, avec Adam West et  Burt Ward, surtout si vous êtes lassés de vous faire dire par les fans purs et durs que «Batman est un héros tragique». Finie, la profondeur psychologique dans ce film absurde, surchargé de couleurs criardes, aux dialogues ridicules et ponctué à chaque scène d'action de ces fameux «Bang!», «Pow!» et «Wham!» 105 minutes de bat-fun.

Batman_1966

Jeudi 2 août

Événements
On pourrait assez difficilement établir un «Top 10» des films fantastiques québécois tant ils se font rares; il faudrait les y inclure tous, et encore il en manquerait pour faire 10. Dans le ventre du dragon, encore qu'il ne fait que flirter avec le fantastique, est presque immanquablement cité en exemple. Yves Simoneau nous proposait les aventures de deux larrons (Michel Côté et Rémy Girard) coincés dans un immense complexe de science mené par l'inquiétante Docteur Lucas (Marie Tifo) laquelle y pratique d'étranges expériences. Fantasia ressort le film, pas si poussiéreux, et propose une soirée en l'honneur de cette «résurrection» au Reggie's Bar. Seront présents Simoneau, Côté, Girard, Tifo et aussi Pierre Curzi, Andrée Lachapelle et David La Haye pour jaser de divers aspects de ce film-culte qui sera présenté, en version restaurée, le soir même au festival.

Dans le cadre de la seconde édition de La Nuit excentrique 2: la suite, la réalisatrice Allison de Fren (en tant qu'animatrice) présente une authentique cochonnerie pur navet des années 80: l'ignoble Le Retour des mortes-vivantes, du français Pierre B.Reinhard, semi-porno très laid où de jolies filles, revenues des enfers après un accident, s'en prennent aux vivants. Maquillages grotesques, musique cheap, dialogues absurdes, finale complètement débile, il y a de tout là-dedans pour les amateurs de camelote.

Films
La comédie Afro Tanaka, de Daigo Matsui, inspirée d'un manga populaire, propose un cas patent de «victime de la mode». Le jeune héros, garçon impopulaire, gagne vite le respect et l'admiration de ses pairs en se pavanant avec sa nouvelle et monumentale coupe afro. Ses beaux jours seront comptés. Au bout de quelques années, tous ses amis auront trouvé une épouse pendant qu'il reste célibataire. Il devra redoubler d'effort, de façon maladroite, pour se faire une blonde au plus vite.   

Suivant les traces de Michael Haneke et de son Funny Games, le canadien Jeremy Powers Regimbald (dont c'est le premier long-métrage) offre avec Replicas un thriller psychologique intense où il est question de ce qu'il est convenu d'appeler «l'invasion de domicile avec séquestration». Un couple nouvellement emménagé au fin fond des forêts reçoit la visite de voisins apparemment affables, lesquels s'invitent à souper, pour y rester. La nuit sera longue...

Enfin, encore un peu de Takashi Miike, l'homme qui filme plus vite que son ombre, ici en mode «thriller policier futuriste». Évidemment, Miike ne fait jamais comme tout le monde et ne se contente pas de livrer une intrigue bien ficelée, ce Ace Attorney promet quelques moments de pur délire d'un ridicule parfaitement assumé. On devine qu'il s'agit là d'un autre exercice de style déroutant de la part de l'auteur de Ichi The Killer.

À louer
Funny Games, de l'autrichien Michael Haneke, et pour vous amuser, la version américanisée, aussi intitulée Funny Games et aussi réalisée par Michael Haneke. Vous pourrez ainsi comparer. En effet, Haneke a eu l'idée de refaire son film, tel quel, plan par plan, pour le vaste public des États-Unis, remplaçant les acteurs autrichiens par des acteurs des States. Les deux films sont donc à peu près identiques, mais pour d'obscures raisons la version originale de ce film d'invasion de domicile est plus terrifiante que sa photocopie. Exercice de style.

FunnyGames

 

Pour plus d'information consultez le site officiel de Fantasia.

Aleksi K. Lepage

 

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Helen Faradji Helen

Débarquée à Montréal il y a dix ans, Helen Faradji promène depuis sa passion pour le cinéma en toute liberté. Titulaire d'un doctorat sur le cinéma des frères Coen et de Quentin Tarantino, elle collabore ainsi à de nombreuses publications et a été chef de section Cinéma de l'hebdo ICI avant de devenir rédactrice en chef du 24images.com.

Aleksi K. Lepage Aleksi

Journaliste/critique à la Presse et responsable de la chronique Mauvaise Langue sur MSN.ca, Aleksi K. aime le cinéma. Un peu de tout. N'importe quoi. Parce que n'importe quoi, c'est le paradis, n'importe quoi c'est l'au-delà.

Geneviève Dallaire Genevieve

Éditrice des sections Cinéma, Célébrités et Divertissement sur MSN.ca, Geneviève préférerait passer ses journées à regarder des films… Mais elle passe plutôt ses journées à éditer des textes de journalistes qui passent leur journée à regarder des films. C’est toujours mieux que de se lacérer les yeux avec une chaîne rouillée, non?


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