L'horreur "Canadian"
Les films d'horreur canadiens, il n'y en a pas des masses. Sans réfléchir, on citera évidemment le David Cronenberg des années 70 et 80, avant que le génial auteur de They Came From Within, Rabid, Scanners et Videodrome ne sombre définitivement, après son The Fly de 87, dans le «vrai cinéma sérieux» primé à Cannes.
On citera aussi sans trop se casser la tête feu Bob Clark (qui a tout de même offert l'un des plus beaux titres de l'histoire mondiale du cinéma avec Children Shouldn't Play With Dead Things), George Mihalka et son My Bloody Valentine (laissez faire le remake) et quelques autres courageux ambassadeurs du genre, plus jeunes, comme Maurice Devereaux et Karim Hussain. Mais le Canada n'est pas le royaume du cinéma fantastique, et pour chaque film d'horreur fabriqué ici, il s'en produit une centaine en Corée du Sud.
Les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Angleterre, la France, l'Espagne, l'Italie, Cuba et même le ROC (Rest of Canada) ont tous lancé au moins un film de zombies. Au Québec, on attend encore, éperdument, l'équivalent de Shaun of the Dead. S'il est possible de produire, y injectant tout de même quelques millions, une cochonnerie comme Omertà (le film) ou un remake animé de La Guerre des tuques, on se demande pourquoi nos institutions sont si frileuses quand il s'agit de films de monstres. Des tas de scénarios doivent accumuler la poussière dans les bureaux de la Sodec et de Téléfilm Canada.
Ne soyons pas moroses, il y a toujours Fantasia, qui présentera, dans le cadre d'une étrange exposition rétrofictive, et ironique, des affiches de films d'horreur made in Canada, films qui n'existent même pas mais qui devraient. L'expo If they Came from Within: an Alternative History of Canadian Horror, à la Cinémathèque jusqu'au 29 juillet, est organisée par Dave Alexander du magazine Rue Morgue (le plus beau magazine de cinéma fantastique de la planète, oui madame, écrit par des vrais fanas, mais on l'achète aussi pour le palper et le humer tant il est - comment dire - séduisant.) Et beaucoup de films (des vrais) seront au programme.
Il y a dans ce pays, et aussi dans cette province, une sorte de gêne, de retenue, probablement issue de notre passé royaliste (pas si passé que ça, à en croire les amours de Harper pour la reine d'Angleterre), un passé puritain. Pourquoi le ROC ne fabrique toujours que des films politiquement corrects? Et pourquoi est-il encore si compliqué chez nous pour les jeunes cinéastes versés dans l'horreur de recevoir des appuis financiers de l'État, comme si le genre était impopulaire? Vieux «débat» qui en vérité n'a jamais eu lieu et qui de toute façon ne ferait pas vibrer le bon peuple dans les tribunes radiophoniques. Ainsi va la vie plate. Pour tout le reste, il y a Fantasia. cqfd.
Aleksi K. Lepage



Rédigé par : horoscope | 21 juil 2012 08:13:03
Bonjour Ton site est génial, il est complet et super attrayant! ta petite présentation est très sympa!
Rédigé par : roa | 25 juil 2012 22:28:53
Ce ne sont pas des films de monstres ou de zombies, mais le Québec a tout de même produit quelques films d'horreur dans les dernières années. Je pense aux adaptations de Patrick Sénécal; Sur le seuil, les 7 jours du talion, 5150 rue des Ormes.